• Je l'ai su tout de suite, pas de jour de retard, pas de test non plus. Je sentais déjà son petit cœur battre, il était dans mon ventre.

    Le jour même où j'annonce la nouvelle, le futur père m'apprend qu'il a sa première mission dans l’humanitaire.

    Le HCR venait de lui proposer de partir neuf mois au Tchad pour diriger les convois de réfugiés.

    Waouh ! C’est une blague.

    Quoi lui dire « vas-y, c’est une chance. C’est ton stage de fin d’études,  là c’est plus qu’une chance. Dans quelques années tu ne pourras plus partir comme ça.

    Je suis enceinte, je couverai ».

     

    Et me voila seule avec un petit ange qui grandissait dans mon petit bidon, je le sentais faire des galipettes. J’étais bien, heureuse.

    J’allais enfin avoir un tout petit bébé.

     

    Un jour à cinq heures du matin: «  Ouille, Ouille que j’ai mal ». Une énorme douleur qui ne dura pas, mais tellement vive que j’avais compris que c’était ma première contraction.

    Je me suis levée, direction la cuisine, j’ai enfilé des gants tout rose et hop briquage intégrale de l’appartement. Rien ne m’a résisté, je crois que je n’avais jamais fait le ménage comme ça.

     

    Vers dix heures, je me suis assise dans la cuisine, une tasse de thé dans une main et dans l’autre mon téléphone pour appeler l’amie « disponible » pour m’accompagner à la maternité en taxi.

    En chemin, j’appelle aussi ma belle famille pour qu’elle prévienne le futur papa qui de toute façon ne pouvait pas être présent puisque j’étais à deux semaines avant terme et que lui était en mission dans le désert.

    La belle histoire.

    J’ai donc demandé à mon amie de rester pour l’accouchement.

    « Oui, Oui » me dit-elle en passant par toutes les couleurs pour finir toute blanche.

    Elle m’a tenu compagnie, moi je comptais le nombre de fois où je la voyais défaillir.

     

    Et Tadam : une hystérique dans le couloir, incapable de se contenir qui a supplié les infirmières pour pouvoir rentrer dans la salle d’accouchement et brandissant une camera numérique.

    En une seconde, elle a viré ma copine, pris sa place.

    Elle m’a regardé

    Je l’ai regardé

    « Poussez ! »

    J’ai poussé

    Elle a allumé la camera.

    Bref : Mon premier jour de mère ou quand ma belle-mère a filmé mon accouchement.     


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