• Nous avons retrouvé la vidéo de la grande reporter Brioche.
    Pour les biens d'un documentaire, notre journaliste de terrain a endossé le rôle de maman, faisant ainsi deux enfants en deux ans.
    Nous l'avons perdue de vu depuis la naissance du dernier et lors du la réfection de son bureau, nous avons retrouvé cette video.
    Ses derniers instants avant que la fatigue ne prenne le dessus.
    Attention images chocs. Nous déconseillons vivement cette vidéo aux gens qui n'ont pas encore d'enfants.

     

     

     

     


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  • Tu devais venir chez moi, tu avais besoin de repos et de changer d'air. C'est vrai que le monde t'en voulait, t'avais du mal à le supporter.

    Je me suis toujours posée cette question : à partir de quand ton cerveau a fait un tour de 180°.

    Que s’était-il passé ?

    Plus les années passaient et plus je te voyais sombrer. Tu as commencé à mentir sur ta vie. Tu racontais à toutes les personnes que tu rencontrais que tu étais légionnaire mais tu ne pouvais en dire plus, c’était secret défense.  Au début, tu faisais en sorte que je n’entende pas tes mensonges, à force tu te foutais de ma présence, tu t’en étais convaincu

     

    Et puis les filles aussi, tu commençais à avoir des discours misogynes : « Elles se prennent pour qui ces meufs, tu viens, tu leur dis bonjour et elles, elles te regardent des pieds à la tête pour voir si t’es bien fringué et si tu es bancable et si ce n’est pas le cas, elle tourne la tête sans même te rendre un sourire ».
    Je ne savais jamais quoi te dire à part qu’elles avaient le droit de ne pas te parler.
    « Ah ouais, donc elles choisissent ! Mais ça, pas avec moi !».
    Ta rage envers la Femme durait des heures, mélangée avec des noms d’oiseaux…

    Pour sûr, ton cerveau avait bugué.

     

    En même temps, tes amis ne t’ont pas épargné comme le jour où ils t’ont abandonné sur une aire d’autoroute en te disant que le voyage pour toi s’arrêtait là. Tu as dormi sous un abri pendant trois jours, fait la manche et tu es rentré en stop. La saleté que tu avais accumulée sur ton corps, t’avait traumatisé.

     

    Il y a aussi ta maman, belle et grande dame d’une extrême intelligence qui a dilapidé son héritage, une fortune. Un brin folle, ce genre de femme si douée dans tout qu’on se demande si ses hémisphères cérébraux sont connectés.
    Un jour, elle t’a donné une facture sur laquelle elle avait détaillé tout ce qu’elle avait dépensé pour toi depuis le jour de ta naissance. Avec délicatesse, elle t’a demandé de la régler. J’ai jamais compris son geste, toi non plus et pourtant tu as perdu ton temps à essayer de le comprendre.
    Ça a fini de te flinguer le cerveau. J’ai vraiment senti une différence après cette histoire d’addition. Elle ne t’a même pas offert le café.

     

    Je voulais que tu t’en sortes, t’aider et puis il y a eu ce jour.

    Déjà, il faut savoir qu’avant aussi, j’avais peur de toi et ta haine de la vie. Ce dégout était si présent que je ne voulais plus t’accueillir chez moi même pour le café.
    Il y a deux sortes de passage à l’acte ceux qui se suicident et ceux qui suicident les autres.

    Ce samedi là, on décide de se retrouver dans un Parc. Je suis avec mon fils, enfant unique à l’époque et mon chéri. Avec toi, la promenade fut un désastre. Six mois que je ne t’avais vu et ton état avait empiré. Lors de cette balade, toutes les personnes, qui te regardaient, avaient les yeux noirs : « Putain, mais les gens me matent tous de travers. Et cette vieille, t’as pas vu son action ? Elle me fixe pendant dix secondes, s’approche de moi, me fixe encore le visage et se barre. Mais ils ont quoi comme problème, tu ne peux pas être tranquille, de toute façon, je savais que venir ici était une mauvaise idée ». Les gestes qui accompagnaient tes paroles étaient ceux d’un fou.

    Tu devais peut-être ressembler à son petit-fils… Je ne sais pas…

    Je me suis dit qu’il valait mieux partir. Sur le chemin du retour tu m’as raconté en large et en travers tout le mal que les gens t’avaient fait lors de cette foutue marche dans le parc. Devant la maison, je prétexte une sieste pour ne pas te faire entrer et on se dit au revoir.
    Tu pars, j’attends que tu sois loin et dis à mon chéri : « non mais c’est de pire en pire même les pigeons, l’ont regardé de travers ».

     

    Je t’ai esquivé tout mon séjour sur Paris et puis un jour de faiblesse je t’ai proposé de venir me voir sur Aix.

    Deux jours avant ton arrivée, je n’arrivais plus à dormir, je tournais ta folie dans tous les sens et j’ai fait un truc à peine croyable : J’ai caché tous les couteaux de la maison, après j’ai pensé à cacher les fourchettes… Logique non ?

    Non.

    Le lendemain je t’ai appelé pour te dire que tu ne pouvais pas venir. Je t’ai dit aussi qu’il fallait que tu ailles te faire soigner, que tu n’avais plus de recul sur la vie. Je t’ai dit que tu trouvais peut-être ta vie normale, mais qu’elle était courante que pour toi. Désolée, tu as plus de trente ans, t’as quasiment jamais bossé de ta vie parce que les patrons sont tous méchants, tu n’as jamais réussi avoir une relation plus de deux ans parce que les filles « sont pleines de vices » et tu (je crois que c’est le pire) vis avec ta mère qui à cinq chats dans un studio de trente mètres carré.

    Réveille-toi.

    Je ne sais pas, peut-être que tout roule et que c’est moi qui ne te comprends pas.

     

    Tu as passé ta vie à découdre tout ce qu’il y avait autour toi, les études, les jobs, les filles, les amis… Rien ne t’a jamais convenu. Je veux bien, moi aussi je suis une révoltée mais il y a des limites.

    Alors un jour, je t’ai dit d’aller te faire soigner.
    Tu m’as répondu que tu n’étais pas fou.
    Je ne t’ai pas dit que tu étais fou, jusque tu avais un problème et qu’il fallait te faire aider pour t’en sortir.
    Moi, je n’arrivais plus à te suivre.

    Au bout de quinze ans d’amitié et de dégringolade,  je ne pouvais plus rien faire pour te sortir de ta haine. Il m’arrive de penser à toi, j’espère que tu vas bien et que tu respires enfin.

     

      


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     Quand ils lèvent les yeux, est-ce qu'ils voient le même ciel que moi ?

    Pendant longtemps, j'ai fait l'aumône, ne pas confondre avec demander l'aumône et puis prise par la réalité de la vie, j'ai arrêté. Ben, oui comme le disent si bien certaines personnes : « Attends, tu vas pas leur donner. L’autre jour, un ami de la tante de la cousine par alliance avec mon cousin Gérard celui qui vit au fond de la cour à droite, les a vu dans une Mercédès ». Ou mieux encore : « Non mais arrête ! Ils vont s’acheter de l’alcool avec ce fric ».
    Toutes ces phrases ont eu raison de ma générosité. Mais donner me manquait trop, j’avais mes habitudes et mes habitués.

    Jeune, ma meilleure amie et moi, nous nous retrouvions chaque samedi dans un café qui se trouvait dans le  Vieux Lyon. Pour m’y rendre, je passais toujours par le même chemin parce qu’il y avait  ce vieux monsieur assis tranquillement sur un pont, qui me donnait l’impression de prendre l’air et de regarder la vie.
    Au moment de sortir de chez moi, je regardais systématiquement dans mon porte- monnaie si j’avais sa petite pièce de dix francs, elle devait toujours y être. J’adorais lui tendre avec mon sourire et lui la prenait avec son sourire. Au fur et à mesure, nos sourires furent plus authentiques et nos regards sincères.
    Cette histoire dura deux ans jusqu’à ce que je déménage.

    Il y a aussi cette fois où j’ai habité au Sénégal pendant cinq mois. Pour être plus précise, je suis partie sur un coup de tête au mois de novembre pour deux semaines et je suis finalement revenue qu’au mois de mars.
    « Mon dieu ! Quelle est cette misère que je n’imaginais pas ». Résultat, je me suis enfermée dans ma chambre pendant deux semaines avec les bons conseils des gens avant mon départ : « tu vas voir, des enfants vont venir en groupe pour te demander de l’argent, faut surtout pas leur donner, après c’est pire… »
    Cette phrase raisonnée dans ma tête car  si je ne pouvais pas donner, je ne pouvais pas sortir.
    Et puis mince, au bout de quinze jours, je me décide à prendre un taxi pour visiter Dakar.
    C’est vrai, au feu rouge il y avait toutes sortes de mendiants, des enfants, des femmes, des vieillards infirmes, des jeunes avec des handicaps que je n’aurai soupçonnés. Ils s’approchèrent de ma vitre mais le chauffeur, leur fît un signe de la main pour qu’ils s’éloignent. Je lui demande : « Je peux leur donner quelque chose sans qu’ils me suivent, en fait on me l'a déconseillé… », Je lui explique et celui-ci me répond que bien au contraire, ils suivent ceux qui ne donnent pas, les harcellent même un peu. Ils savent que vous avez les moyens de donner et ne comprennent ce refus qu’ont certains à ne pas vouloir les aider, fondamentalement, ils ne demandent pas grand chose.

    Ainsi, j’ai donné. Pareil que précédemment, j’avais mon petit rituel. Je ne sortais jamais de ma chambre d’hôtel sans avoir mes cinq pièces de vingt centimes de franc (l’équivalent de quinze centimes d’euros, effectivement peu de chose).
    Je crois que je n’ai jamais eu et rendu autant de sourire de ma vie, même quand je ne donnais pas d'argent, j’avais droit à un regard ensoleillé.

     

    Des histoires comme ça,  j’en ai pleins comme lorsque je bossais dans une sandwicherie à Lyon. Chaque soir, j’allais les bras chargés place des Terreaux, donner aux keupons de quoi manger. Le plaisir de les voir ouvrir les sacs et y découvrir ce qu’il y avait : « Roh, y a du porc ! », « ouais ben, tu t’calmes et tu prends autre chose » disait l’un pendant qu’un autre surenchérissait : « Et ben, t’as qu’à pas bouffer ». Ils ne me regardaient pas, trop défonçaient, ils avaient juste faim. De les savoir rassasiés me suffisait. Et j’y retournais le lendemain en faisant attention à ne pas mélanger les mets avec du jambon des autres.
    Et cette fois où j’appelle la veille de Noël, le Secours Populaire parce que j’avais vidé tout les frigos de cette sandwicherie  et qu’il me restait pleins de trucs : « Oui, mais il faut venir », « Mais je n’ai pas de voiture, vous ne pouvez pas envoyer quelqu’un ? ». « Non ».  Je suis restée assise, idiote pendant presque vingt minutes avant de me décider à tout jeter, des dizaines de bûches au chocolat autant à la framboise, des tartes au citron, des pains au chocolat… Sans citer tous les sandwichs…

    Je sais ce que pensent beaucoup d’entre vous mais moi, cette pratique me permet de vivre en harmonie avec moi même.  J’ai arrêté pendant presque dix ans de faire la charité. Cela m’a manqué et aujourd’hui, je recommence et je me sens bien. J’aime donner cette attention aux nécessiteux, leur montrer que malgré tout on pense à eux.


    Le pire, c’est quand au détour d’une rue, la personne assise en-bas de l'immeuble est une personne avec qui tu as bossé pendant deux ans et qui à l’époque n’avait pas de problèmes.

     

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    Les gens assis en-bas des immeubles.

     


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  • Nous nous sommes rencontrées à la fac. Tu étais assise à deux sièges de moi, tu disais des saloperies sur une personne et pour rire, je t'ai dit : « Mais tu m’as l’air d’être une sacrée langue de pute », cela ne t’a pas fait rire. S’en sont suivies quelques excuses de ma part et nous nous sommes plus quittées pendant huit ans.

    Huit ans de mensonges et de jalousie de ta part. Je me rendais compte de rien.
    Tu invitais les gens à ton anniversaire, tu préparais ça derrière mon dos, sûrement que ces personnes ne devaient rien me dire : « surtout n’en parlez devant elle ». Le lundi matin, tu revenais avec des photos que tu montrais fièrement à tous ceux qui étaient présents.
    « Ben, tu as fêté ton anniversaire ce week-end, pourquoi tu ne m’as pas proposé de venir ? », à cette question, les autres détournaient leurs regards que je savais complices et d’une voix sérieuse comme si j’étais un problème : « Non mais tu comprends, je ne sais pas si ça allait passé avec tout le monde, t’es bizarre ».
    J’ai entendu cette phrase tellement de fois, pour l’enterrement de vie de jeune fille de F., aux soirées organisées pour nos fins d’années ou juste aux soirées entre potes.

    Nos amis, je ne voulais plus les voir puisqu’apparemment pour eux j’étais trop bizarre. Je me suis isolée de tous et il n’y avait que toi mais pas à n’importe quel prix. Je devais te voir quand tu avais le temps, selon ton humeur et quand par chance les autres étaient là, tu me briefais sur le comportement que je devais avoir, ce que je devais dire, tu as été jusqu’à limiter mes portions de nourriture quand nous mangions tous ensemble. Après, tu me faisais un débrief de la soirée, bien sur cela tournait autour de moi et ma bizarrerie légendaire. Tu dégoulinais : « tu vois, je culpabilise de te dire tout ça, mais c’est pour que la prochaine fois, ça se passe mieux. Tu ne m’en veux pas ? »

    Non, je ne t’en voulais pas. J’étais trop conne, j’étais ta connasse.

    J’écrivais beaucoup. Nos amis tenaient le journal de la fac. Un jour sous l’insistance de certains, j’ai lu mes textes… plus de dix pages, écrites avec ma jeunesse. Ces nouvelles, je voulais les garder pour toute la vie et tu le savais, tu savais que je m’éclatais à écrire. Tu savais que je tenais à mes textes, je les gardais tous.

    Mais ceux-là étaient particuliers, je les aimais plus que les autres. Ça aussi tu le savais. Les potes m’ont proposé de les publier en tant que nouvelles, mon surnom à l’époque était « la fourmi », tous étaient contents pour moi. Ce soir là, j’ai dormi chez toi comme souvent, tu m’as bordé avec ton éternel sermon. Je me suis levée ce matin là, speed pour aller à la fac, toi tu n’avais pas cours.

    En arrivant, j’ai posé mon sac sur mon pupitre, pris quelques stylos et feuilles. Cool, le prof a du retard, je vais en profiter pour relire fièrement mes nouvelles, puisque « mes amis » vont me publier, en plus ils ont insisté. Je me sens heureuse. En fait, ils m’aiment.

    Les textes ne sont pas dans mon sac, pas grave ils sont chez toi, mon amie, ma copine, ma confidente et surtout celle qui est la seule à pouvoir m’apprécier, à être capable de voir qui je suis réellement. Tu me l’as souvent dit : « Non mais moi, tu sais, je te comprends ».
    On se voit l’après-midi, je te demande de filer mes écrits aux gars. Tu m’as dit : «  pas de problème. »

    L’édition du mois sort, et pas de nouvelles, rien. Je vais m’expliquer avec les autres et ils me répondent qu’ils n’ont jamais rien reçu ni de ma part ni de la tienne. Je te demande où ils sont et avec ta tête d’ange, ta tête d’amie, de copine, de confidente : «Je ne sais moi, je ne les ai pas tes textes, ça va pas commencer Brioche. Ils sont sûrement chez toi ».

    Crédule, je t’ai cru. Tellement crédule, que je ne les ai même pas cherché. En fait non, je ne voulais pas voir la vérité en face. Je savais qu’ils n’étaient pas chez moi, que tu me les avais volé. Je ne voulais juste pas me l’avouer. Je t’ai rendu ton amitié que six ans après cette histoire Au fond de moi, j’espérerais que tu me les rendre un jour. Mais non, rien.

    Tu m’as fait rire, ce jour là quand je t’ai vu. Je te la tendais comme ça,  cette belle passion.  Tu ne voulais pas la récupérer, normale puisqu’elle était pourrie. Je l’ai donc laissé tomber par terre et je suis partie. J’aurai voulu être à ta place pour me voir partir, je devais être super belle, n’est-ce pas ?

    En volant mes textes, tu as pensé que cela résoudrait tous tes complexes et tes peurs, t’as cru que manger un bout de moi allait te faire devenir moi. En fait, non tu resteras toi, cette fille jalouse. Cette fille si imparfaite et moi si parfaite à tes yeux, celle que tu as toujours voulu être.

    Si seulement tu t’étais regardée comme je t’avais regardé. Aimée comme je t’avais aimé.
    Si seulement t’avais juste fait cet effort, aujourd’hui j’aurai encore mes textes et toi tu serais sûrement une femme heureuse.

    À toi, celle qui pensait que j’étais sa connasse.  

     

    A toi, celle qui pensait que j'étais sa connasse

     

     

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