• La vie sans fin d'Henrietta Lacks

    Pour comprendre l'histoire de cette femme, il faut se remettre dans le contexte de l'Amérique ségrégationniste (1875-1960). À cette époque, les "gens de couleur", citoyen de seconde zone,  n’avaient pas le droit d’aller dans les même écoles que les blancs, boire dans les même fontaines ou de partager le même taxi. Ils étaient privés aussi de droits civiques et étaient en proie au Ku Klux Klan.

     

    Henrietta Lacks (1920-1951), est née dans une famille pauvre du sud des Etats-Unis. À ses quatre ans, sa mère, Eliza Lacks Pleasant, meurt en couche en mettant au monde son dixième enfant. Son père, Johnny Lacks, ne pouvant s’occuper seul de toute sa famille, envoya la petite fille chez son grand-père. Elle grandit ainsi dans la ville de Clover, travaillât dans les champs de tabac et épousa son cousin David avec qui elle eu cinq enfants.

     

    À vingt-neuf ans, Henrietta se plaint auprès ses cousines et ses meilleures amies, elle a un nœud au ventre. Celles-ci pensent que c’est surement une douleur due à ses suites de couche puisque sa petite dernière est née quelques semaines plus tôt, elles supposent aussi que cela peut-être du à une MST ou une nouvelle grossesse. Mais Henrietta est persuadée que son nœud n’est du à rien de tout ça.
    Une semaine après ses confidences, elle apprend qu’elle est enceinte de son cinquième enfant. L’histoire s’arrête là.

    La grossesse se passe, le petit Joe vient au monde mais la douleur reste et persiste.
    Un jour de février 1950, après avoir constaté du sang sur son sous-vêtement et décidé à savoir d’où vient cette douleur, « Elle remplit la baignoire, s’immergea dans l’eau tiède et écarta lentement les jambes. Elle avait fermé la porte pour n’être dérangée ni par ses enfants, ni par son mari, ni par ses cousines. Elle glissa un doigt à l’intérieur de son corps et explora son intimité jusqu’à ce qu’elle trouve ce qu’elle cherchait : une boule dure… une bille juste à gauche de l’ouverture de l’utérus. » Extrais du livre La vie immortelle d’Henreitta Lacks (Rebbeca Skloot).
    La jeune femme, âgée de trente ans, demanda à son mari de l’emmener à la clinique gynécologique de Johns Hopkins, elle y rencontra le docteur Howard Jones  qui lui diagnostiqua sans appel une tumeur de l’utérus virulente.
    Henreitta Lacks décéda neuf mois plus tard, le 4 octobre 1951.

    Mais son histoire  et sa vie ne s’arrêtèrent pas le jour de sa mort.

     

    Quelques mois avant sa mort, lors d’une opération pour traiter sa tumeur, le chirurgien Lawrence Wharton, préleva à son insu deux échantillons de tissu issus de son utérus, un sain et l’autre sur la tumeur. Il les donna au docteur/chercheur Georges Gey qui les plaça dans une soucoupe de laboratoire afin de faire de la culture cellulaire. Il demanda à son assistante Mary Kubicek de les découper et de les mettre en culture, se qu’elle fit et inscrit sur les tubes à essais : HeLa.
    Il faut savoir, qu’à cette époque, beaucoup de scientifiques tentent par tous les moyens de faire de la culture in vitro des cellules humaines mais tous échouent inexorablement.
    Ce fut différent pour celles d’Henreitta, celles-ci doublèrent au bout de vingt-quatre heures. Cette multiplication se répéta tant et si bien qu’elles perdurent encore aujourd’hui.

     

    En conséquence, les cellules HeLa sont immortelles. Henrietta Lacks, elle-même est immortelle. Elle existe encore après sa mort et existera encore après la notre.

     

    Depuis 1951, ses cellules sont dans tous les laboratoires du monde. Tous les étudiants, les laborantins, les chercheurs en biologie cellulaire et autres ont travaillé avec. Elles sont devenues un matériel biologique au même titre que les souris.
    En plus de soixante ans, les cellules utérines de cette femme, ont soigné et sauvé des millions et des millions de vies sur cette terre.
    Elles ont permis de trouver des vaccins comme celui de la polio, des traitements contre « l’herpes, la leucémie, l’hémophilie et la maladie de parkinson…d’étudier les maladies sexuellement transmissible », la découverte du génome humain, l’identification d’un récepteur clé dans l’infection du virus HIV. Deux prix Nobel ont été décernés grâce à ces cellules, elles ont même été envoyées dans l’espace. La liste est si grande que je ne peux pas tout citer.

     

    Il n’y a pas d’histoire extraordinaire sans injustice, Henreitta Lacks, cette afro-américaine des années cinquante, mère de cinq enfants, fut enterrée dans un trou sans pierre funéraire et ses héritiers vivent encore aujourd’hui dans la pauvreté. Les cellules volées d’Heinreitta Lacks, ont permis de faire avancer la médecine sans que personne ne le sache et sans considération. Si l’histoire de cette femme n’a jamais était divulguée, c’est pour deux raisons simples : La honte et la cupidité.
    Les laboratoires se sont enrichit grâce aux cellules HeLa et sur le dos de cette famille. Pendant des années, pour brouiller les pistes, Henreitta Lacks était appelée Helen Lane ou Helen Larson.

     


    Perplexe, après avoir lu ce texte,  vous vous posez les mêmes questions que moi, quand il y a un an, j’ai lu cette histoire chez un coiffeur, attendant que l’employé du salon me coupe les cheveux. Ce jour là, j’avais décidé de changer de tête et me faire du bien. En prenant un magasine au hasard, je ne m’attendais pas à lire l’une des plus incroyable histoire de vie.

     

    La vie sans fin d'Henrietta Lacks

     

    Sources :

    La vie immortelle d'Henrietta Lacks Rebecca Skloot - Edition Calmann-Lévy
    La vie immortelle d'henreitta Lakcs  Le figaro
    Pourquoi les cellules d'Henrietta Lacks sont immortelles ? Le Figaro
    L'heritage immortel d'Henrietta Lacks Le Monde
    Fondation Henrietta Lack

    Plus d'autres articles et français et en anglais disponibles sur le net.

     

     

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    « Les gens assis en-bas des immeubles.Un jour, je t'ai dit d'aller te faire soigner. »

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